Souvent comparé au manele roumain ou au turbofolk serbe, l’arabesk est une forme de variété dans laquelle s’entremêlent mélodies arabisantes et arrangements à l’occidentale. Son histoire commence dès les années 1950 avec la vague de films égyptiens qui inonde littéralement les cinémas turcs et provoquent un engouement inattendu dans les classes populaires. Évidemment, ce n’est pas du goût des autorités de l’époque dont la volonté est plutôt d’« occidentaliser » le pays. Puis, l’arabesk va se constituer et s’imposer dans les années 1960-70. Les minibus qui transportent les ouvriers résonnent alors aux sons de l’arabesk comme les ateliers, les bars de banlieues et les baraques des bidonvilles. Toute la classe populaire et certaines minorités s’identifient par et à cette musique. C’est l’époque des Ferdi Tayfur, Hakki Bulut et Müslüm Gürses. Sans compter Orhan Gencebay, le roi de l’arabesk, qui écrit sa première chanson sur ce mode en 1966. Arrivent ensuite les années 1980 et les classes plus aisées commencent à s’intéresser au phénomène. L’arabesk s’invite alors dans la pop, le rock, etc. et inversement. Beaucoup de stars l’intègrent à leur répertoire et on le choisit même pour représenter la Turquie à l’Eurovision. Depuis la fin des années 1990, l’arabesk a vu sa côte quelque peu chuter, mais reste encore largement apprécié. Le Raki Balkans Sound System vous propose une plongée dans l’histoire de cette musique, souvent décriée par les élites - certains allant jusqu’à dire qu’il s’agit d’une insulte à l’art... À vous de juger !